Océane Benaiteau

Maîtrise en finance mathématique et computationnelle Analyste quantitatif, Gestion d’actifs CIBC

« Les connaissances théoriques constituent un atout majeur dans mon métier. Cependant, je pense que le cœur de la maîtrise en finance mathématique et computationnelle à l’UdeM est d’apprendre à se débrouiller, en cherchant l’information utile de manière efficace, et en faisant des liens entre toutes les connaissances acquises. »

Dynamique et déterminée, Océane œuvre dans un milieu professionnel qui ne manque pas de caractères… numériques! Titulaire d’une maîtrise en finance mathématique et computationnelle de l’UdeM, elle prête depuis 2014 son expertise à Gestion d’actifs CIBC, l’un des plus importants gestionnaires de portefeuilles au pays.

Aujourd’hui, ses qualités et la nature unique de sa formation constituent des atouts prisés dans un univers rythmé par la volatilité des marchés, où les produits se complexifient, et le volume de données prend de l’ampleur. Bref, où les chiffres sont rois.

« Ce qui est passionnant dans mon métier, c’est de développer des outils mathématiques souvent complexes afin d’extraire et de comprendre l’information des marchés, et ce, le plus simplement possible », explique la jeune diplômée de l’Université de Montréal.

Concrètement, Océane produit des rapports et des d’analyses qui modélisent le risque et l’évolution du prix d’actions, d’obligations, d’indices, de matières premières, ou des taux de change. La juste évaluation des transactions et des possibles couvertures symétriques (hedging) de produits financiers – aux ramifications multiples – s’avère indispensable.

De l’extérieur, l’étendue des tâches peut sembler monumentale, particulièrement au vu de son titre officiel : analyste quantitatif, répartition mondiale des actifs et gestion des devises.

Pour autant, celle qui doit anticiper les lames de fond et les moindres infléchissements des marchés manifeste calme et assurance.

« Il est important de savoir gérer son stress, car les modèles que l’on propose sont ensuite utilisés par les gestionnaires. Être en mesure de se maîtriser permet d’éviter les erreurs graves », souligne-t-elle.

La qualité de la formation et les fortes inclinations mathématiques du programme doivent certes avoir contribué au développement d’un certain flegme. Après tout, maximiser les rendements d’une société de gestion d’actifs administrant près de 100 milliards de dollars en fonds institutionnels repose en grande partie sur des habiletés confirmées.

« Les connaissances théoriques constituent un atout majeur dans mon métier. Cependant, je pense que le cœur de la maîtrise en finance mathématique et computationnelle à l’UdeM est d’apprendre à se débrouiller, en cherchant l’information utile de manière efficace, et en faisant des liens entre toutes les connaissances acquises. »

Si bien qu’Océane met davantage l’accent sur d’autres défis inhérents à sa profession, intimement liés à la personnalité des spécialistes de sa trempe.

« Nous sommes dans une situation un peu particulière, car il y a un côté "geek" dans la formation en finance mathématique et computationnelle, que l’on doit mettre en application dans le milieu de la finance générale. Or, il s’agit d’aspects assez spécialisés et plusieurs collègues n’ont pas de formation scientifique pure. Ainsi, nous ne voyons pas l’investissement financier du même angle. »

Il faut en effet rappeler que les spécialistes de la finance mathématique et computationnelle ne travaillent généralement pas en vase clos. Ils consacrent une bonne part de leurs activités à rendre intelligibles des données et résultats d’analyses auprès de différents groupes : gestionnaires de portefeuilles, membres de la direction, comités d’investissements, cadres marketing, etc.

« Le plus grand défi est d’apprendre à vulgariser, à faire passer de l’information complexe de manière simple et concise », conclut Océane, dont l’éloquence inspirera plus d’un expert de cette discipline.